l’hybridation des cucurbitacées pour les nuls, une reproduction complexe !
ce que tout jardinier devrait connaitre sur les problemes d’hybridation de cucurbitacées, probleme bien plus complexe qu’il n’y parait.
Ce petit article me parait important tant il circule sur certains forum et reseaux sociaux de fausses idees ou faux conseils!
1 sachons distinguer variété et espèce !
la majorité des vegetaux est hermaphrodite ,bisexué, mais pas nos amies cucurbitacées! Ces vegetaux sont soit monoïques soit dioïques.
les especes :
- cucurbita:musquées, pepo, maxima….
- citrullus: pastèques
- cucumis : melons et concombres
- lagenaria: calebasses
- luffa :éponges végétales
- mormodica: concombres amers,
- sechium : chayottes ou christophine,
- benincasa: courges cireuses
en general toutes ces espèces de cucurbitaceae sont monoïques, sauf le melon qui bénéficie de plusieurs typologies florales, et il y a aussi des exceptions ! et des écotypes particuliers, bienvenue dans le monde des exceptions.
quelle est la difference entre une plante monoïque et une plante dïoique ?
sur le pied d’une plante monoïque, vous trouverez des fleurs males et des fleurs femelles,
une plante dïoique presente des pieds males , ne comportant que des fleurs males, et des pieds femelles ne portant que des fleurs femelles
La fecondation des cucurbitacées ne depend que des insectes pollinisateurs, qui doivent véhiculer le pollen de fleur a fleur et de pied a pied, on défini cela comme une pollenisation entomophile.
chez concombres et melo , ce sont les fleurs males qui apparaissent en premier, puis en suite fleurs femelles et males.
C’ est pourquoi la taille est recommandée après la cinquieme fleur pour créer des ramifications comportant fleurs male et femelles.
Dans votre potager, les variétes peuvent s’hybrider et c est une certitude, avec une autre variete de la meme espece ! A premiere vue vous ne verrez pas la différence !
Il n est pas recommandé de cultiver les graines de ses courges, potirons, ou des graines offertes par ses amis! Vos courges potirons s’hybrident avec des varietes non comestibles, en general amères, aux vertus laxatives et vermifuges , celles de la cucurbitacine presente dans tous les fruits de cucurbitacees à plus ou moins forte dose. La cucurbitacine permet au fruit de se defendre contre les agressions d’insectes champignons et bactéries. Mais il existe des cucurbitacines aux formes differentes d’espece à espèce, et l’hybridation peut créer des fruits présentant trop de formes de cucurbitacines qui peuvent rendre ainsi le fruit très toxique.
C’est un fait avéré, que nous avons constaté a nos depends il y a quelques années alors que nous cultivions au chateau des Allues les cucurbitacees comme tout jardinier ignorant légèrement les problèmes d hybridation ..
Comment eviter l’hybridation inter-espèce ?
simplement en pollinisant à la main les fleurs femelles et en les refermant pour les proteger de la pollinisation par les insectes.
Voici l’alerte de l’ ANSES, AGENCE NATIONALE DE SECURITE SANITAIRE
Les courges meme legerement amères ne doivent pas être consommées
Certaines « courges » sont toxiques et contiennent des cucurbitacines, substances très irritantes et amères qui peuvent être responsables rapidement après l’ingestion de douleurs digestives, de nausées, de vomissements, d’une diarrhée parfois sanglante, voire de déshydratation sévère nécessitant une hospitalisation. Ces substances, persistantes à la cuisson, sont naturellement fabriquées par les courges sauvages pour repousser les insectes prédateurs (chenilles…).
C’est le cas des courges ornementales comme les coloquintes, toutes considérées comme toxiques, qui sont vendues dans le commerce (parfois au rayon fruits et légumes) pour un usage strictement décoratif, et qui ne doivent pas être confondues avec des courges alimentaires.
- C’est le cas également de certaines courges alimentaires cultivées dans le potager familial, qui deviennent impropres à la consommation à la suite d’hybridations sauvages.
Ce phénomène se produit lorsque cohabitent des variétés amères et des variétés comestibles, dans un même potager ou dans des potagers voisins, et que les graines sont récoltées et semées d’année en année.
Attention ! Les courges non comestibles qui résultent de cette hybridation ont strictement la même apparence que les courges comestibles, mais ont par contre un goût amer, contrairement aux courges comestibles qui ont un goût neutre ou légèrement sucré.
Quelques conseils pour éviter les intoxications
- Les courges ornementales (coloquintes) : Toutes toxiques, elles ne doivent pas être consommées. Vérifiez l’étiquette ou demandez conseil aux vendeurs sur les lieux de vente.
- Les courges alimentaires, achetées dans le commerce ou cultivées dans le potager familial :
- Goûtez un petit morceau de courge crue et si le goût est amer meme légèrement , recrachez-le et jetez la courge : elle ne doit pas être consommée, même cuite.
- Les courges issues de potagers familiaux : Ne consommez pas de courges « sauvages » qui ont poussé spontanément. Ne récupérez pas non plus les graines des récoltes précédentes pour les ressemer. Achetez de nouvelles graines à chaque nouvelle semence dans le potager.
ATTENTION, en cas d’intoxication, en cas d’urgence médicale, de saignements digestifs abondants, ou de perte de connaissance, etc.
Appelez le 15 ou rendez-vous aux urgences
En cas d’autres signes d’intoxication (troubles digestifs…) : appelez le centre antipoison ou consultez un médecin. Pensez également à photographier la « courge » avant sa consommation pour aider à l’identification de l’espèce consommée et conservez les restes de repas (soupe, purée…) qui pourront éventuellement être utiles à des recherches de toxiques dans la courge consommée.
